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AIDE FACE A UNE SITUATION DE VIOLENCE

DU CÔTÉ DES FEMMES


FEMME-AIDE-PICTO

Des femmes témoignent

Anna

« Ma descente aux enfers, mon salut, ma renaissance »

Insultes, menaces, humiliations
Rabaissement, enfermement, harcèlement
VIOLENCES !
Mentales, physiques…
DESTRUCTION TOTALE !
Les lois ?? Elles existent !
Les gendarmes ??
Tant que vous ne présentez pas de séquelles physiques ou que vous n’êtes pas quatre pieds sous terre, il n’y a pas urgence !! Ne peuvent rien faire !?
Mon salut ?
Ces femmes de l’association
Rendez-vous ?
Obligation d’affronter le regard extérieur, la peur, contrainte de sortir de chez soi
PARLER ?
Évacuer, vider, apprendre !
Réapprendre à parler sans cette boule au ventre qui vous tord de douleur. NON ! Ce gouffre devenu souffrance insupportable.
Parler sans ce nœud au fond de votre gorge. La douleur est telle que ça sert tellement que vous manquez d’air.
Ces larmes que vous ne contrôlez plus, qui coulent sans cesse malgré votre volonté
Ce cœur qui ne bat plus à l’unisson. Accélération incontrôlable, la sensation qu’il sort de votre poitrine. La douleur, peur qu’il ne s’arrête plus jusqu’à l’explosion.
« Vous vous cachez derrière ces lois qui reconnaissent l’existence des faits mais qui ne sont appliquées que quand la mort est là »
L’ASSOCIATION ?
Leur temps, leur écoute, leur regard, vous n’êtes pas seule, vous n’êtes pas folle. Réapprendre à être celle que vous étiez avant. Réapprendre à respirer, à vivre peu à peu.
Malgré que je ne serai plus la même, une partie de moi est définitivement morte.
Mais mon cœur et ma respiration revivent à L’UNISSON.
JE RENAIS.

Valérie

« Depuis toute petite j’en ai rêvé »

Depuis petite j’en ai rêvé.
Depuis qu’je joue à la poupée,
La faute à qui… aux contes de fées ?
Tu rêves d’une vie faite de clichés
Et puis un jour tu ouvres les yeux,
Tu t’aperçois qu’t’avais idéalisé
mais tu te dis qu’ça va passer…
Tu t’aperçois que tu t’es trompé,
Mais t’es coincé,
L’étau s’est refermé.
C’est un peu tard mais tu finis par t’échapper,
Et le temps est passé…
Rien à faire pour le rattraper et difficile de penser, d’oublier.
T’es dehors mais en décalée, en te demandant
Ce qui c’est passé, depuis que toi t’as levé le pied.
Tu trouves un monde sans pitié et t’as du mal à te relever.
Quoi a dit qu’on était conservateur, où sont passées les vraies valeurs…
Ça fait peur !
Aujourd’hui, y a plus d’histoires, juste celle d’un soir.
T’fais pas d’idées, tu fais parti d’un répertoire ou t’es noté
Comme un trophée.

Alors fillette, arrête de rêver et sors armée…
Fini les contes de fées.
Y a ni prince charmant, ni chevalier,
Ça c’est la réalité !
Crois juste en toi, c’est ça qui te fera avancer !
Ça c’est la vérité !


Catherine Marquise

« Culpabilité »

Cul, objet perverti menant à la culpabilité
Pa, pas dans la rue, pas dans l’escalier, pas dans la maison, pas dans la pièce, pas dans la tête, pa de la culpabilité
Bi, personnalité double fabriquant le puzzle de la culpabilité
Lit, lieu de douleur, de souffrance, de peur, lieu où l’on couche avec le monstre de la culpabilité
É, et après, que reste-t-il du combat avec la culpabilité ?
Culpabilité, monstre qui a grandi heure après heure, jour après jour, petit à petit
Un jour, une rencontre, un regard
Un soir, un temps où l’on rentre tard
Le ciel est bleu, les oiseaux chantent
L’autre, l’amour, la chair nous tentent
Des gestes, des froissements d’étoffe
Dans le cœur, dans la tête une voix off
La promesse de minutes, d’heures, de jours heureux
Un jour, un instant le 1er mot cruel
Une heure, une minute, une seconde il a coupé mes ailes
Tu étais, tu es, tu n’es plus
Tu seras celle qu’il veut, qu’il a voulu
Un jour, un instant le 1er coup
Les 1ers gestes, les 1ères mains autour du cou
Les années qui s’égrainent, qui passent
La tendresse, l’amour, la passion qui se lassent
La peur, l’angoisse, le désespoir, l’attente
Un jour d’absence, le départ qui me tente
Une rencontre, un regard, un geste qui me fait du bien
Des paroles, des histoires, des femmes qui ont rompu leurs liens
Des rendez-vous, une écoute pour tenir
Des conseils, des gestes pour ne pas fléchir
Pas à pas croire qu’on peut tout recommencer
Même si notre pauvre cœur est blessé
Mesdames et mesdemoiselles je vous dédie ces lignes
Que pour vous toutes elles soient un signe


Aurélie

« Le rêve d’une petite fille »

Trouver le prince charmant, se marier, avoir des enfants, une belle maison avec un chien, le bonheur, l’amour … Qu’on ait 5 ans, 18 ans ou 50 ans, on y croit toutes jusqu’au jour où nos rêves sont détruits, anéantis. J’y croyais, comme toutes ces petites filles mais ma vie a été tout autre.

Tout a commencé, à mes 6ans, première année de CP, alors que j’ai subi des attouchements en classe. A mes 9 ans, un homme m’a volé mon enfance, ma pudeur, ma dignité, juste pour se soulager. Je n’ai jamais osé en parler à qui que ce soit … J’ai juste continué comme si rien n’était jamais arrivé, puis les années ont passé mais tous ces gestes m’ont fait louper énormément d’événements dans la vie d’une enfant. Mes années d’école, mes années au collège … Toutes les meilleures années dans la vie d’une enfant et d’une adolescente. Les premiers bisous, les premiers coups de cœur, les premières rencontres et amitiés entre filles, garçons. Moi, j’ai passé toutes ces années seule dans mon coin n’osant pas être comme toutes les autres, je parlais à personne, j’étais « différente » des autres filles de mon âge. Pendant l’année de mes 15 ans, mes parents ont divorcé. Là, pour moi, c’était la fin du monde ! Après ce passé, ce dégoût des hommes malsains, ce divorce tombé d’un coup, sans rien laisser paraître, ce qui a fini de m’achever.

Le bonheur recommence lorsqu’à mes 18 ans, j’ai eu mon premier enfant, mon fils. A ce moment-là, j’ai su que ma vie allait changer et qu’il ferait mon bonheur à tout jamais. J’étais si fière de cet enfant, si mignon. Il m’a aidée à grandir et à mettre tout ce malheur, ce passé si difficile, de côté.

C’est à ce moment-là, à mes 22 ans, que je rencontre un homme qui était « normal » mais qui était en fait, le « diable » en personne mais qui sur ces premières années ne laissait rien paraître. Un an après, notre premier enfant commun, un petit garçon arriva. Suite à sa naissance, c’est là, que tout a recommencé. Les coups se sont répétés pour un bout de gâteau pas mangé, une vaisselle pas faite, une sortie aux courses que j’aurai omis de lui dire … Les choses ont commencé à se calmer lorsque nous avons déménagés ; Je pensais donc que tout venait de cette petite maison sombre et insalubre. 25 ans, mon deuxième enfant avec ce même homme. A 4 mois de grossesse, je recevais de nouveau des coups devant les amis, qui essayaient tant bien que mal de le sortir de sur moi mais qui au final ne faisaient rien de plus. Des violences sexuelles, rapports non consentis, des insultes… Des menaces de mort devant les gendarmes de ma ville, qui ne tenaient même pas compte de ça, et le laissaient repartir comme si de rien n’était avec son véhicule sans carte grise, sans assurance, sans permis, …

Les gendarmes dans tout ça ? Je les attends encore … Je me sentais seule et mal mais je me disais sans cesse que si la justice ne faisait jamais rien, il fallait que j’arrive à m’en sortir seule.

Quand ma fille eut 9 mois, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai quitté le foyer. J’ai pris mes trois enfants sous le bras, nos affaires dans de vulgaires sacs poubelles sans rien de plus que nos seuls vêtements. Nous sommes donc retournés vivre chez ma mère, qui ayant des problèmes de santé et ne pouvant pas se déplacer, était soulagée de nous savoir près d’elle et de pouvoir veiller sur nous. Nous étions bien, nous vivions enfin soulagés, sans cris et sans violences, loin de lui, mais se fut de très courte durée puisqu’il vivait en face de chez cette dernière. Il pouvait passer des heures à nous attendre dans sa voiture devant la porte, nous pourchasser en voiture pour nous faire des queues de poisson sur la route. Il est venu me casser ma voiture de façon à ce que je ne puisse même plus rouler avec. Il venait également taper au volet de notre chambre en pleine nuit pour crier, sans raison.

La dernière violence fut en 2012, séparée depuis bien longtemps maintenant, alors que je vais récupérer mes enfants chez leurs grands-parents, il était présent, caché dans un coin. Il m’a donc attrapée dans le dos, devant les enfants et sa propre mère, m’a attrapée par les cheveux, m’a étranglée, m’a fait descendre les escaliers sans même toucher le sol jusqu’au garage, où il m’a jetée au sol, s’est mis sur moi, m’a étranglée … Je me suis vue partir, j’ai vu ma vie défiler devant mes yeux, j’entendais mes enfants m’appeler et crier de peur. Pendant que nos enfants souffraient de la situation, lui continuait à me frapper sans s’arrêter, mes bras heurtaient le sol comme une poupée de chiffon. Je ne pouvais absolument plus bouger, le manque d’oxygène me paralysait … Il a fini par s’arrêter, en me voyant là, au sol, à ne plus bouger sous ses coups.

Aujourd’hui, j’ai 31 ans, cet homme peut bien râler, crier au téléphone, m’insulter … Quand je l’ai en face de moi, ce qui est très rare, il n’ose même plus lever la voix sur moi. J’ai pris totalement le dessus sur la situation actuelle. La roue tourne j’y croyais pas ! Je suis heureuse en tant que femme et en tant que maman. Mes enfants grandissent bien et sont enfin heureux.

Ça, c’est ma plus grande victoire !

L.

« J’ai 16 ans »

J’ai 16 ans, je suis vierge, une des premières nuits et une des premières disputes entre mon nouveau copain et moi. J’apprends que je le dégoute car je refuse d’avoir un rapport sexuel avec lui. Ça fait plusieurs jours qu’il me le répète. Ce soir, nous ne faisons que nous disputer, et je ne fais que pleurer.

Le ton agressif, méprisant, me pousse à vouloir m’enfuir de l’appartement où nous nous trouvons. Il m’en empêche, me menace à demi-mots. J’envoie un message à une amie pour lui dire que nous nous disputons, qu’il m’empêche de sortir. Il est très tard dans la nuit. Où aller?

Je voudrais tellement qu’il se calme et oublier ce qu’il me dit.

Finalement, on se retrouve dans l’appartement, il se calme un peu, on parle, je le sens toujours insistant sur la demande de rapport sexuel. Je me dis que c’est vrai, je ne sais plus ce que je veux, ce dont j’ai envie, il me donne envie parfois pourtant je trouve que c’est trop tôt pour aller jusqu’à une relation sexuelle à son terme. Je n’ai pas mangé, je me sens faible et fatiguée. Il doit être 2h ou 3h du mat.

Je le suis dans la chambre, il s’allonge sur moi sur le matelas, puis tout va très vite. Il sort son sexe, commence à vouloir le pénétrer en moi, je lui dis non, je lui mets mes mains sur ses épaules, je ne veux pas, je le repousse, mais il est déjà en va-et-vient, ça se passe très vite, je ne sens pas grand-chose, il ne peut même pas me pénétrer vraiment tellement je le repousse et je ferme mes jambes, je ne me souviens pas avoir eu mal, j’ai juste attendu que ça passe. C’est comme si en me débattant j’aurais eu encore plus de mal. C’est comme si en me débattant, ce serait réellement avouer que je suis en train de me faire violer par l’homme avec lequel je pense vouloir être. De toute façon, il suffit de peu de va-et-vient pour qu’il éjacule en moi. Ce n’est pas vraiment ce que j’imaginais, moi fille bien informée, faire ça sans préservatif dès une première fois. Je ne comprends pas trop ce qui m’est arrivé. Il fait comme si j’avais voulu tout en ayant une froideur méprisante, loin des « classiques » d’une première relation sexuelle entre amoureux. Je me souviens juste avoir attendu qu’il redevienne l’homme normal. D’être très mal, en fait je ne m’en souviens pas très bien, car cette nuit de disputes répétées, d’un sentiment de faiblesse, de perte de dignité, de haine et de mépris ne sera qu’une nuit parmi tant d’autres similaires avec lui.

Le lendemain, c’est moi qui me sens fautive, je veux le voir comme il a été, les jours précédents, affectueux, tendres et doux. Je crois qu’au fond de moi je sens que ça me ferait beaucoup moins mal qu’il redevienne comme ça, je ne veux pas perdre ma fierté, je ne veux pas m’être trompée sur mes débuts d’espérances. Dans la matinée, on marche et tout à coup il prend ma main et là c’est un monde qui renaît en moi, je ne me sens plus morte, je revis, je le revois me sourire, sa façon de prendre ma main est si tendre, sa main si douce. Rien ne s’est passé la veille à part une dispute dont on reparle un peu. Je pars en vacances et tout ce qui m’importera les semaines qui suivent, c’est les risques causés par l’absence de préservatif. Prenant peur d’un retard de règles, j’en parle même à une amie, étonnée que je lui parle de relation sexuelle façon hors des « classiques », pour lui annoncer que ça y est « j’ai eu ma première fois ».

C’est lui qui dans l’été, tentant toujours de me séduire, me fait part de ses sentiments amoureux. On se revoit à la fin de l’été, il est merveilleux, on rit, il est affectueux. On n’a pas de relation sexuelle, on est un nouveau couple, c’est trop tôt, il paraît attendre, on passe des nuits ensemble en se tenant seulement dans les bras, puis dans les jours qui suivent c’est même moi qui suis à l’initiative de notre « première » relation sexuelle. Il prend le temps de mettre un préservatif, il le met lui-même, moi je ne sais pas comment on le met. Il a été doux, s’excuse de n’avoir pas tenu longtemps. Si au début je me disais que je ne voulais pas que ce soit « mon premier », pour moi cette première fois est merveilleuse. Dans les jours qui suivent il n’en redemande pas, c’est compliqué, on est chez mes parents.

Pourtant, dans les mois qui suivent, nos relations sexuelles ne sont pas du tout extra, ça va très vite, ce sont les positions qu’il aime lui, j’ai l’impression de subir ces relations sexuelles, à la fois dans un désir de lui faire plaisir mais aussi dans une recherche de mon propre plaisir. Ce dont je me rappelle, ce sont plutôt des relations où j’avais tout le temps très mal au ventre. Je me disais que ça venait de moi, j’abandonnais de réclamer autre chose, plus de douceur. Je me sentais encore une fois la fautive, celle qui est coincée, celle qui est chiante, celle qui n’est pas belle, qui n’a pas de sexualité libérée. Quasiment à chaque fois, il ne daignait pas mettre de préservatif. Et ce dont je me rappelle surtout, c’est d’abandonner de protester pour tout, c’est de me taire.

Alors à qui parler de cette sexualité ? Sexualité qui a démarré trop vite. A qui dire ce non-plaisir ? Je crois que j’ai toujours pensé que le problème venait de moi.

Je suis persuadée après cette histoire, qu’il faut des espaces de parole, autour de ces questions de sexualité. Il faut échanger sur nos vécus de femmes et de filles autour de la sexualité pour mieux comprendre, pour savoir que nous ne sommes pas les seules et pour légitimer notre défense, notre refus d’une sexualité non voulue.


Témoignage collectif

« Nous, femmes victimes de violences… »

Nous, femmes victimes de violences physiques et psychologiques, blessées dans notre identité de femme, nous avons trouvé refuge et sécurité à l’association « Du côté des femmes ». Traumatisées, fragilisées, épuisées, perdues, isolées, enfermées, honteuses et culpabilisées nous ne pouvons pas faire face, seules.

« Du côté des femmes » est un lieu à taille humaine, discret, à proximité, où la confidentialité est respectée et qui apporte soutien et compréhension par une aide gratuite et donc accessible à toutes. Son soutien nous a été indispensable et doit le rester pour toutes les femmes en détresse. Dans l’urgence et/ou dans la durée, à « Du côté des femmes » nous trouvons un accompagnement spécialisé et adapté à chacune : disponibilité, confiance, écoute sans jugement, régularité, implication, patience et continuité.

Nous bénéficions du professionnalisme et de la compétence de toute l’équipe. Cela permet et permettra à chacune d’entre nous de sortir du silence et de l’isolement, de retrouver confiance en nous et dignité, de comprendre et d’affronter la situation afin de se reconstruire, de se protéger et, de sauver nos enfants des violences. Tout cela rejaillit sur nos enfants, notre entourage, notre santé, notre vie professionnelle et sociale.

Si « Du côté des femmes » a permis à certaines de rester en vie, elle nous permet à toutes de nous sentir vivantes et tournées vers l’avenir.

D., Sylvie, Fatma, Karina, Marie, Lola, F., Lyla, C., J.

Catherine

Il m’a fallu du temps pour poser ces quelques mots sur une feuille blanche et limpide.

J’ai quarante-neuf ans, célibataire et confiante aux sites de rencontres actuels, qui ont remplacé les bals de nos parents.

J’ai fait la connaissance sur un de ces sites notoires, de cet homme. Il m’a vidé et abusé de ma crédulité.

Une semaine de fatigue, de douleur, d’amnésie partielle, de déni, s’est écoulée. Une semaine où l’idée de mourir m’a effleurée l’esprit.

Je réalisais alors que la perfidie se cacher sous de multiples visages, et que le « Diable » effectivement se dissimulait derrière de bonnes intentions.

J’ai pensé à toutes ces femmes, aux plus fragiles, aux plus jeunes, à vous toutes, à vous tous.

Je l’ai dénoncé.

J’ai la chance, dès lors de rencontrer des personnes bienveillantes, Elisabeth de l’association « Du côté des Femmes », une psychologue, Colette, …

Ce combat nous appartient, car nul n’est protégé contre un crime sexuel, et ne salit ni la clarté, ni l’enveloppe de cette page.

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